Bonjour, je suis une fille. Je ne suis pas un garçon.

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– Hello, I’m a girl.

– Are you a boy?

– No, I’m a GIRL.

Ma fille de six ans a commencé les cours d’anglais à l’école. Nous habitons dans un pays où, dès la première heure de cours de langue, on apprend aux enfants à différencier les garçons des filles et les filles des garçons.

Cela m’a beaucoup fait rire. J’ai bien sûr suivi à distance le débat sur les garçons et les filles qui a fait des vagues dans le pays où je suis née ainsi que les raisons pour lesquelles, à l’école,  il ne fallait pas insister sur leurs différences. Je pense qu’en Finlande, qu’on a pris la bonne voie. Si seulement ici aussi on pouvait se souvenir des nuances de gris – on le sait bien, rien n’est entièrement noir ou blanc.

En France, les garçons sont avant tout des garçons et les filles, des filles, ça, c’est sûr. Si on essaie de lancer une discussion sur ce sujet (on n’a pas le droit d’aborder le sujet des filles en en tant que fille!) dans son quartier, on est quasiment assuré de recevoir des regards étonnés. Eh oui. Pas plus tard qu’à Noël dernier, j’ai remarqué sur internet un catalogue de jouet de Nöel divisé selon le genre : une partie pour les filles et une autre pour les garçons. On proposait des voitures aux garçons et des poupées aux filles. Woulala.

D’un autre côté, après toutes ses années en France, j’ai pu remarquer que malgré cette éducation conservatrice, dans certaines situations, les différences entre les sexes peuvent être plus accentuées en Finlande qu’en France. (Bien sûr, cela changera peut-être dans le futur).  

J’ai entendu qu’en France, dans le meilleur des cas, les hommes et les femmes se complètent. Ils ne sont donc pas opposés ou ennemis, mais plutôt complémentaires.

Je jette ici quelques idées.

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Mon mari français, qui a longtemps habité en Finlande, m’a récemment dit que l’homme finlandais est un homme qui est capable de rester en vie même seul au milieu d’une forêt en plein hiver et qu’il peut allumer un feu de camp même avec des branches mouillées. L’homme finlandais ne se laisse pas impressionner par des broutilles, il s’extrait de la glace qui recouvre le lac à l’aide de son sisu (qualité finlandaise qui regroupe force intérieure et endurance) tout comme il est capable de refaire entièrement sa maison. D’après moi cela n’est pas totalement faux. L’homme finlandais est, du point de vue de l’homme latin, le plus viril des hommes, un vrai mec.

Mon romantique cousin français qui apprécie le soleil et les plaisirs de la vie, est quant à lui très à l’aise avec ”son côté féminin” – pour emprunter les mots de la coach en relations amoureuses Florence Escaravarge. L’homme français peut réciter des poèmes et porter le sac à paillettes de sa femme sans aucune honte. Il est mince, rarement extrêmement musclé et s’habille avec une chemise à fleurs bien taillée, mais il n’est pas faible (même s’il ne sait pas forcément ramer ou couper du bois).

Qu’en pensez-vous ?

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Ce qui participe à cette complémentarité, c’est par exemple le fait que lors des dîners français, les hommes et les femmes se mélangent, ils s’assoient de la manière suivante : homme – femme – homme, parce que les représentants des deux sexes aiment beaucoup passer du temps ensemble et apprécient cette mixité. En son temps, lors de ses visites aux Etats-Unis, même la féministe française Simone de Beauvoir trouvait les dîners sans homme très ennuyeux*. Et pourtant, elle militait pour une meilleure place de la femme dans la société.

Au contraire, dans beaucoup de fêtes finlandaises, cela ne se passe pas de cette manière là. Dans de très nombreuses situations, les hommes s’enfuient au sauna ou vont s’occuper du barbecue tandis que les femmes restent papoter en cuisine. La séparation se fait selon les sexes. Pourquoi en est-il ainsi ?

Ma fille est ravie d’avoir des cours d’anglais. Quant à moi, j’attend avec impatience de découvrir le contenu de la prochaine leçon. 

*Mona Ozouf: Women’s Words: Essay on French Singularity   

lundi en francais

C’est plus facile de parler français quand on est un peu pompette

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Ça y est ; ce dont je me doutais depuis longtemps a enfin été prouvé. Après un verre ou deux, on parle un français plus fluide que lorsqu’on est totalement sobre.

Hehe, ben, oui. Bien sûr, cela n’est pas valable uniquement pour le français, mais pour toutes les langues étrangères. Sans rire, selon une étude récemment parue on parle mieux les langues étrangères lorsque l’on a bu un peu d’alcool. Dans celle-ci, que vous pouvez lire ici, on a testé les effets de l’alcool sur 50 allemands qui parlent le néerlandais. On ne leur en a fait boire que de petites quantités mais le résultat a été sans appel : d’après les hollandais, les allemands qui avaient bu de l’alcool parlaient mieux le néerlandais que ceux qui avaient bu de l’eau.

La capacité à parler une langue est une chose étrange dans le sens où elle varie : certains jours les phrases s’enchaînent comme des pas de danse alors que d’autres jours on s’emmêle les pinceaux. Comme par exemple aujourd’hui à la pharmacie, où je suis entrée en étant un peu dans mes pensées. Á la place d’adresser un franc « bonjour » à la pharmacienne après être arrivée à la caisse, je lui ai dit de manière tout à fait audible « merci ».

La pharmacienne m’a regardée avec un air un peu confus, mais n’a pas rit. Contrairement à moi.

Il y a aussi des jours où le choix des articles et l’ordre des mots surgissent un peu au hasard. Et puis il y a également ces jours où je m’adresse dans un finnois courant aux personnes que je rencontre. J’explique cela par le fait que mon quotidien est partagé en deux. Je parle alternativement finnois à une partie de ma famille et français à l’autre. Et de temps en temps, contre mon gré, les méts se molangent.

Ma fille rigole des bêtises de sa maman et corrige mes erreurs du mieux qu’elle peut. Et quand hier je lui ai demandé de me parler dans un finnois plus correct – ses phrases ont, sans en avoir l’air, commencées à se remplir de mots français – elle m’a répondu :

«  Toi aussi tu pourrais parler mieux français ! ».

Euh oui, c’est vrai… En fait, je parle un très bon français, mais il n’est pas comparable à celui que parlent les locaux, et il ne le sera jamais. Si je n’utilisais pas le finnois pour mes activités de free-lance et que je me rendais chaque jour sur un lieu de travail où l’on parle français, cela m’aiderait sûrement. Et ces journées bizarres durant lesquelles je parle un mauvais français seraient bien plus rares que maintenant.

Mais en l’absence d’un tel lieu, et comme cela a été prouvé, un petit verre de vin pourrait, semble-t-il suffire à me sauver. (Je l’avais déjà remarqué dans plusieurs soirées). Vu que pour l’instant il n’y pas de meilleure solution, cela fera donc l’affaire.

Par contre, cette étude ne fournit pas d’explication au piètre niveau en langue des habitants du pays du vin. D’où cela peut-il venir ? Du fait qu’ils en aient déjà trop bu ?

Traduction du texte original: Julie Dussoliet

lundi en francais

Kuinka erottaa flirtin häirinnästä? Case: Etelä-Ranska / Comment faire la différence entre “draguer” et “harceler” ?

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(Version française à la fin de la page) 

– Madame, haluatteko jälkiruuan?

– Non merci.

– Madame, haluatteko kahvin?

– Non merci.

– Madame, haluatteko suukon?

– Eheheh. Minulla on kaikki hyvin näin.

Kävin keskustelun cannesilaisen ravintolan lounaspöydässä tarjoilijan kanssa. Vielä pari viikkoa sitten olisin unohtanut tuon pienen, hölmön flirttiyrityksen sen siliän tien. Mutta nyt, #metoo-kampanjan aallokossa huomasin suhtautuvani tähänkin, latinokulttuurille kovin tyypilliseen kommenttiin hienoisesti hätkähtäen. Onkohan moinen oikeasti sopivaa?

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Kun näillä Välimeren seuduilla asuu ja matkailee, oppii, ettei tällaisilla – joskus kovin kömpelöilläkin kommenteilla – todellisuudessa ole tarkoitus häiritä, vaan ennemminkin huomioida toista.

Asetetaanpa keskustelu osaksi suurempaa kokonaisuutta. Kuten olen täälläkin kirjoittanut, Ranskassa kiinnitetään ulkoiseen olemukseen paljon huomiota, jo pienestä pitäen. Esteettisyyttä ja kauneutta pidetään yhtenä elämän suurista iloista, niin täällä kuin Italiassa ja Espanjassakin. Siksikin on tavanomaista, että myös ulkonäköä ja vaatteita kommentoidaan suomalaisesta näkökulmasta varsin avoimesti.

Toisaalta ei pidä myöskään unohtaa, että flirttailu kuuluu myös ranskalaiseen kulttuuriin. Täällä myös hakeudutaan mielellään tilanteisiin, joihin voidaan ujuttaa hyppysellinen flirttiä,  vietteleviä kommentteja, “de la séduction”. Sitä saatetaan jopa odottaa toiselta sukupuolelta.

– Madame, vous êtes ravissante ce soir! Madame, olette hurmaava tänä iltana! sanoi tuttu baarinpitäjä taannoin ennen kuin otti tilaukseni vastaan.

Kiittelin, sillä se tuntui se hyvin imartelevalta (ja olinhan minä pentele soikoon laittautunutkin!).  Samalla tiesin toki, ettei baarimikolla ollut taka-ajatuksia: kommentti oli vain hänen tapansa huomioida tänään normaalia paremmalta näyttävä, tuttu asiakkaansa. (Ja olihan aviomieheni sitä paitsi tulossa paikalle.)

Toki vastaan tulee myös niitä hetkiä, jotka joku ehkä laskisi inhottavaksi häirinnäksi. Yksi sellaisista lienee limainen peräänhuutelu.

Mutta myönnän tässä nyt avoimesti, että olin hyvin imarteltu, kun  jokunen vuosi sitten lähdin kotoa ensi kertaa ilman lastenvaunuja liikkeelle ja joku vislasi perään. Raivostuttavaa – ehkä. Mutta kaikkien niiden pitkien verkkahousukuukausien, rintamaidon tahraamien yöpukujen ja puklulta tuoksuvien hiusponnareiden jälkeen minun teki mieleni rientää halaamaan miestä.

Maailmassa oli siis vielä joku gorilla, joka luokitteli minut tässäkin tilassa hemaisevaksi naiseksi!

 

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Comment faire la différence entre “draguer” et “harceler” ? Cas d’étude : Le Sud de la France

– Madame, voulez-vous un dessert?

– Non merci.

– Madame, voulez-vous un café ?

– Non merci.

– Madame, voulez-vous un bisou?

– Euh, non, ça ira. »

Voici la discussion que j’ai eu à la table d’un restaurant cannois avec le serveur.

Quelques semaines plus tôt, j’aurais vite oublié cette petite tentative de drague un peu maladroite. Mais maintenant, avec les remous de cette campagne #moiaussi, je me suis rendue compte que j’ai réagi en sursautant à ce commentaire pourtant tout à fait typique des cultures latines. Mais est-ce que ce genre draguer ainsi est vraiment convenable ?

Quand on voyage ou qu’on habite dans les régions méditerranéennes, on apprend que ces commentaires ne sont en réalité pas destinés à importuner, mais plutôt à montrer que l’autre a été remarqué.

Replaçons cette conversation dans un contexte plus global. Comme je l’ai déjà écrit ici, en France dès le plus jeune âge, on attache beaucoup d’importance à l’apparence. Ici, la beauté et l’esthétique font partie des plus grands plaisirs de la vie, tout comme en Italie ou en Espagne d’ailleurs. C’est pourquoi il est plutôt ordinaire que l’on commente aussi l’apparence et l’habillement d’une manière qui, d’un point de vue finlandais, est assez ouverte.

D’un autre côté, il ne faut pas non plus oublier que draguer fait partie de la culture française. Ici on recherche volontiers une occasion pour ajouter, l’air de rien, une pincée de flirte, des commentaires destinés à séduire. C’est d’ailleurs presque ce qu’on s’attend à entendre de la part de l’autre sexe, en fait.

« Madame, vous êtes ravissante ce soir ! » m’a récemment déclaré un serveur que je connais bien avant de prendre ma commande.

Je l’ai remercié, parce que c’était flatteur (et bon sang, c’est vrai que je m’étais faite belle cette fois-là !). En même temps, je savais bien qu’il n’avait pas d’arrière-pensées : son commentaire était juste une façon de noter que ce jour-là, une cliente qu’il connaissait bien était mieux apprêtée qu’à l’ordinaire. (Et en plus, mon époux était en route pour me rejoindre au restaurant).

Bien sûr, on pourrait opposer à ces moments ceux pendant lesquels quelqu’un commence à nous embêter et à être un peu collant. Un bon exemple pourrait être lorsque quelqu’un nous accoste dans la rue avec des commentaires de mauvais goût.

Mais je l’avoue ici ouvertement, j’ai été très  flattée lorsqu’il y a quelques années en arrière, je suis sortie de la maison sans poussette et que quelqu’un m’a sifflé. Énervant – sans doute. Mais après cette longue période remplie de joggings, de pyjamas tachés de lait maternel et d’élastiques à cheveux aux effluves du vomi du bébé, j’ai eu envie d’aller serrer cet homme dans mes bras.

Il y a donc encore dans ce monde un gorille qui me rangerait dans la catégorie des femmes attirantes.

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