On ne peut pas tricher en faisant la bise

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« Aujourd’hui, je ne vous fais pas la bise parce que je commence à avoir le rhume » a déclaré la professeur de yoga au début du cours. Et oui, ici on est en France, donc chaque élève va faire la bise à la professeur de gym avant le début de la séance. Il est socialement acceptable de ne pas faire la bise seulement lorsqu’on est malade.

Avec les années j’ai appris à aimer cette coutume française un peu farfelue.

Souvent, cela oblige les gens à être entièrement présents. Cela oblige à s’arrêter et à prendre en considération celui qui vient à notre rencontre, à lever les yeux de l’écran de son smartphone et à dire « bonjour » personnellement, à chacun. Cela nous oblige tous à nous concentrer un instant sur l’autre. Et donc, en fin de compte, c’est ce qui est le plus important, n’est-ce pas ?

La bise prend même une grande importance dans mon esprit en ce moment, parce que je passe beaucoup de temps seule. J’écris mon prochain livre, ce qui est plutôt un travail solitaire. Chaque jour, les contacts avec les gens me manquent et je me rends compte que j’attends avec impatience même les plus petites interactions sociales : aller au supermarché, aller chercher les enfants à l’école, les loisirs. Et bien entendu, faire la bise. Chacun d’entre nous éprouve un sentiment d’importance quand on lui fait la bise.

Parce que chacun de nous a besoin dans sa vie de marques d’attention pour s’en sortir au quotidien.

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Bon, bien sûr, dans mon cas, la solitude est très limitée. À la maison, les matinées et les soirées sont plutôt bruyantes, je peux serrer dans mes bras les personnes qui me sont chères et partager les ressentis du jour avec ma famille. Mais tout le monde n’a pas cette chance.

Sur Facebook, un ami a partagé une vidéo (ci-dessous) qui avait été postée par The Independent. Dans celle-ci, un homme fait l’expérience de vivre seul pendant une semaine. La fin de la vidéo est particulièrement touchante. Un homme qui a perdu sa femme et qui se sent seul affirme : « La clé serait d’être conscient des autres. »

En effet, combien d’entre nous, dans les embouteillages journaliers, sont vraiment conscients des personnes qui sont autour de nous ? Combien disent « bonjour » à l’inconnu qui marche dans leur direction ? Combien s’arrêtent pour discuter quelques minutes avec une simple connaissance ? Qui s’assoit dans le bus à côté d’une personne seule et entame une conversation ?

En Finlande, j’ai remarqué que les gens sont, il est vrai, souvent conscients des autres mais peut-être pas de la même manière qu’ici. Au Nord, on donne volontiers de l’espace mais moins de proximité.

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Nos ancêtres le savent : le champagne est un remède contre la grippe

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Cela allait bientôt faire une semaine que j’avais la grippe. Dimanche soir, en sortant de la douche, mes pensées étaient embrumées. En descendant dans la cuisine, je n’avais qu’une seule idée en tête : boire un thé au miel. Mais mon mari avait posé sur la table la bouteille de champagne apportée la veille par nos amis.

Bon, on va essayer une recette du livre de mon père, a-t-il dit.

Oui, c’est vrai que j’avais déjà entendu des histoires à propos du livre de remèdes de feu mon beau-père. Il paraît que l’y on racontait que le vin peut être utilisé comme traitement pour n’importe quels maux. Par exemple, le champagne cuit est le meilleur médicament contre la grippe.  

Bien sûr, moi aussi je suis persuadée que boire un verre de champagne de temps en temps est bon pour la santé. Par contre, le champagne chauffé et sucré, cela me faisait plutôt rire et, si vous le permettez, je trouvais ça un peu snob. Mais après tout, pourquoi pas.

Pour prouver qu’il avait raison, mon mari avait même trouvé sur le site internet “Senior en forme”  une recette pour préparer ce médicament. Dans l’article, on affirmait que lorsqu’on chauffe du champagne et que l’on y ajoute du sucre, cela libère des minéraux qui réduisent les infections. Par contre, je dois avouer que je n’ai pas trouvé de sources officielles sur ce sujet.

Ok, testons ça. Remettons cette vieille dame sur pieds.

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Nous avons commencé par verser dans une casserole un verre de champagne auquel nous avons ajouté deux morceaux de sucre. Ensuite, nous avons chauffé le mélange jusqu’à ce que les morceaux fondent (attention, il ne faut pas faire bouillir le mélange !). Après cela, nous avons transvasé le breuvage dans un verre pour le laisser refroidir. Ce remède miracle doit donc se déguster froid, et non pas chaud. Rien de plus simple.

Quel a été le résultat ?

Naturellement, l’ambiance de la soirée est devenue nettement plus joyeuse grâce à ce breuvage. Mais à ma grande surprise, le lendemain matin, je me sentais comme neuve. Mon nez n’était plus bouché et mes pensées étaient claires.

Peut-être que ça marche vraiment alors ? Allez savoir. Au cas-où, j’exige le même remède pétillant pour soigner ma prochaine grippe.

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Mon enfance vs son enfance

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Hier matin, j’ai déposé ma fille à son premier cours d’arts plastiques. Ici en France, le mercredi, les enfants participent à des activités et les parents/les grands-parents font le taxi.

Quand j’ai regardé la vue depuis la salle de classe de l’école des arts, cela m’a fait rire. Les paysages d’ici sont une toute autre source d’inspiration que ceux que je pouvais regarder, étant enfant, de la salle de cours d’arts plastiques à Mikkeli (une ville finlandaise du Sud de la région des milles lacs). Mais il n’y a rien de mal à cela, bien au contraire. Les cours d’arts plastiques font partie des activités de mon enfance qui m’ont laissé de doux souvenirs. Et c’est pour cela que, lorsque ma fille a annoncé vouloir prendre des cours d’art, j’étais fière et heureuse. Mais oui, bien sûr que c’est possible, je vais te trouver un cours !

Les mamans des enfants issus de deux cultures ont souvent connu un quotidien bien différent de celui de leurs enfants, surtout lorsqu’elles vivent à l’étranger. Mais heureusement, d’une manière étrangement rassurante, de petites similitudes existent.

Peut-être qu’en fait, il s’agit juste du syndrome « avant c’était mieux » ou bien seulement de ces petites instants perturbants durant lesquels on a le mal du pays.

Je profite de ce jour sans activités pour comparer le déroulement du quotidien de mes enfants à celui de mon enfance.

 

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1-Le chemin de l’école

Mes enfants ont commencé l’école à l’âge de trois ans. Ca a un peu stressé la maman que je suis mais ils se sont parfaitement bien débrouillés. Heureusement, pour nous, les trajets de la maison à l’école se font à pieds. Je ne pourrais pas supporter les embouteillages du Sud de la France tous les jours ! Mais les parents n’ont pas le droit d’entrer dans l’enceinte de l’école pour des raisons de sécurité. Il faut laisser les enfants devant le portail.

Pour ma part, je me rappelle qu’en Finlande, je suis entrée au jardin d’enfants à l’âge de cinq ans pour les demi journées, après quoi je me rendais seule à pied chez la nounou, imaginez. Un peu plus grande, je prenais toujours le chemin de l’école seule ou avec mes amis.

2-Les activités et les loisirs

Dans notre famille, le ballet du mercredi comprend des cours d’arts plastiques, de musique et de gym. Dans chaque centre de loisirs on peut observer des parents français stressés. Munis d’un goûter, des gouttes de sueurs perlant sur le front, ils courent d’une activité à l’autre avec leurs enfants : une à la danse, l’autre au foot et le troisième à son cours de musique.

Quand, assise, je regardais mon petit faire de la gym, je me suis rendue compte qu’en ce qui me concerne, j’avais commencé les activités à l’âge de 6 ans. Elles n’étaient pas aussi raffinées que celles de mes enfants mais elles étaient imbriquées dans le programme scolaire : des cours de l’art, des cours de musique et des cours de gymnastique. Et en plus, il y avait ce cours de hockey très drôle organisé par la paroisse (!)

 

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3-Les après-midis

Quand je ne peux pas aller chercher mes enfants à 16h30 à cause de mon travail, ils peuvent rester à la garderie jusqu’à 18h. Ils ne restent donc jamais seuls en France, et c’est génial.

Je me rappelle qu’en CP et en CE1, après l’école avec mes amis nous nous rendions à pied à la garderie pour y passer l’après-midi. En général, les trajets se passaient bien mais de temps en temps ils se transformaient en bataille de boules de neige et duraient alors une éteeeernité. Ensuite, en CE2, on ne pouvait plus aller à la garderie. Il fallait donc que je reste seule à la maison et j’avais très peur. J’étais persuadée que le monstre de Thriller de Mickael Jackson se cachait dans la cave.

4-Le goûter

Maintenant, je me mets à jurer si j’ai oublié d’acheter les goûters que l’on trouve au supermarché. Pour ma bonne conscience, je n’achète que des gâteaux faits avec du chocolat bio (eh, ne riez pas!), que je distribue à la sortie de l’école. Et oui, j’ai appris que le goûter sucré fait entièrement partie d’une journée française. Avant ça m’horrifait, maintenant – euh – j’ai abandonné. Mauvaise mère.

Dans mon enfance, durant tout l’automne, ma grand-mère préparait toujours des petites brioches qu’elle mettait ensuite au congélateur. Je les réchauffais quand je rentrais de l’école et je les mangeais avec un chocolat chaud.

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5-Le dîner

Nous dînons aux alentours de sept heures. Et c’est un vrai repas, pas juste le porridge finlandais du soir. S’il y a bien une chose dont je suis fière, c’est qu’on ne mange pas de plats préparés. Mais il n’y a pas que du positif, c’est vrai que nous ne mangeons pas toujours tous ensemble contrairement aux vrais français. Si mon mari rentre tard du travail, je l’attends et nous dînons tous les deux quand les enfants sont couchés.

Je me rappelle que, petite, nous mangions quand ma mère rentrait du travail, à cinq heures donc. Mon plat préféré c’était le gratin de foie de la marque Saarioinen que l’on mangeait souvent avec des carottes râpées. Miam. Mais qu’est-ce que ces petits français diraient si on leur cuisinait cela pour le repas ?

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